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jeudi 6 juin 2013


Chronologie des principaux faits de cette aventure

Première mise en ligne le lundi 5 janvier 2009,


Attention, c'est un gros pavé, 
presque directement puisé 
dans le livre de Alfred North Combes 

(The vindication of François Leguat, 

Third edition, 1995, Printing Specialists (Pte) LTD)).
Le 10 Juillet 1690, avec 9 autres compagnons, beaucoup plus jeunes que lui, François Leguat prend le départ d'un « Vendée Globe » qui va durer 7 ans. Il embarque sur la petite frégate "Hirondelle" qui n'est pas taillée pour une telle aventure. C'est un précurseur d'une course qui ne sera créée que presque trois siècles plus tard en 1989.
Pour éviter de rencontrer leurs concurrents des bateaux français qui sillonnent la Manche, le bateau choisit une route qui passe par le nord de l'Angleterre. A bord, l'esprit d'équipe est déplorable : Valleau, le capitaine de la frégate et François Leguat sont souvent en conflit d'autorité.


Le 5 février 1691, l'« Hirondelle » arrive au Cap de Bonne Espérance et l'équipage reste quelques jours dans la ville du Cap. Croyant La Réunion (l'île Bourbon) déjà occupée par une équipe adverse de bateaux français, Valleau, le capitaine de la frégate, remet cependant les voiles vers les Mascareignes.
Le 15 mars, le bateau essuie une terrible tempête tropicale et le capitaine perd sa position.
Le 3 avril, ils aperçoivent l'île Maurice. Ils n'ont pas vu l'île Bourbon (la Réunion) à cause de cette tempête.
Le 15 avril, La course étant impitoyable, Jean Pagni est le premier homme à mourir, parmi ces aventuriers.
Le 25 avril, ils aperçoivent l'île de Rodrigues (Diego Ruiz), mais à cause des difficultés d'approche et d'accès, ils n'accostent que le 30 avril, un premier groupe, avec le capitaine Valleau effectue une première reconnaissance à terre.
Le 1 mai 1691, François Leguat débarque à son tour à Rodrigues. La première partie de la course est terminée.
Les vivres et le matériel prévus sont débarqués à l'exception d'un paquet de médicament qui est « oublié » sur le bateau. Il est prévu que le bateau retourne en Europe et revienne au bout de 2 ans. Après des tractations conflictuelles avec Valleau, François Leguat voit la composition de son équipe se modifier. Ils ne restent que 7 avec lui :
Paul Benelle, 20 ans, fils d'un marchand de Metz


Jacques de La Case, 30 ans, fils d'un marchand de Nérac


Isaac Boyer, 27 ans, marchand lui-même et fils d'un apothicaire de la région de Nérac,


Jean Testard, 26 ans, pharmacien et fils d'un marchand de St Quentin,


Jean de La Haye, 23 ans, un orfèvre de Rouen,


Robert Anselin, 18 ans, fils d'un meunier de Picardie,


Pierre Thomas, matelot sur l'Hirondelle, qui demande à rester avec le groupe.  

Le 15 mai Hirondelle repart de l'île Rodrigues. Naïvement, François Leguat, remet au capitaine Valleau une lettre cachetée destinée aux autorités pour se plaindre des traitements de ce même capitaine. Cette lettre ne parviendra jamais, car, devant son équipage, Valleau décachette cette lettre, la lit à tous pour s'en moquer, la déchire et la jette à la mer. A l'île Maurice, il prend à son bord un capitaine et le reste de son équipage dont le navire a fait naufrage au large des îles Cargados Carajos.
Le 7 octobre Hirondelle accoste au Cap après avoir navigué aux environs de Madagascar.
Le 20 mai 1692, le capitaine Valleau est capturé par les français dans le Channel. Dans sa déposition au tribunal, il fait un premier rapport sur un oiseau : le solitaire de Rodrigues. Il est probablement exécuté pour avoir servi contre les intérêts du roi de France.
Le 19 avril 1693, au bout de deux ans, trop confiants, les colons font une première tentative de quitter l'île sur un bateau de fortune qu'ils ont construit eux-mêmes. C'est un échec, mais Isaac Boyer qui a présumé de ses forces dans ce naufrage en meurt le 8 mai.  
Le 21 mai, leur bateau réparé, ils font une seconde tentative. Ils atteignent la pleine mer, essuient une terrible tempête et accoste à l'île Maurice le 29 mai, après avoir cru leur dernière heure arrivée.
Meet Deodati, gouverneur de cette île pour le compte de la Hollande, les reçoit très aimablement une première fois. Cependant, il apprend que l'un des naufragés possède un morceau d'ambre gris qui vaut une fortune à l'époque dans la parfumerie. Il fait arrêter et enfermer dans des baraquements Leguat, La Case, Benelle, Testard et La Haye et il fait main basse, pour son propre compte, sur ce morceau d'ambre.
Le 15 janvier 1694, ils sont mis aux fers puis ils sont transférés sur l'un des îlots relativement inhospitalier du lagon de l'île Maurice. Ils y vivent dans des conditions équivalentes à celles des camps de concentration nazis. 
Durant ces 2 ans et demi, certains des prisonniers font des tentatives d'évasion, La Case est repris une fois arrivé à terre. Testard se noie en mer au cours de son essai d'évasion. Un seul réussit à atteindre l'île Maurice sans se faire prendre, mais les autres n'auront plus jamais de ses nouvelles.


Le 26 septembre 1696, leur course autour du monde reprend de plus belle. 
Malgré les oppositions du gouverneur et après de multiples tentatives, ils partent à Batavia où ils ont demandé d'être jugés. 
Ils y arrivent le 15 décembre, toujours considérés comme prisonniers. Ils y sont jugés, de façon inique, même si la Cour reconnaît le bien fondé de leurs réclamations contre le gouverneur Meet Deodati qui semble avoir de solides appuis. On ne badine pas avec l'autorité des puissants.
Le 14 février 1697, ils sont libérés, mais ils doivent rester à Batavia et ils sont enrôlés, malgré leurs protestations, comme simples soldats pour survivre.
En septembre 1697, La Haye décède.
Le 28 novembre 1697, Leguat, La Case et Benelle quittent Batavia pour la Hollande sur un bateau.
Le 12 février 1698, ils atteignent le Cap
En juin 1698, les trois compagnons survivants reviennent enfin en Europe.
En Mars 1707, François Leguat quitte la Hollande pour l'Angleterre pour s'y faire naturaliser en 1709.
En décembre 1707, paraît la première édition de son livre dont la première decouverture indique :
"Voyage et avantures de François Leguat, 


de ses compagnons 

en deux isles désertes des Indes Orientales. 
Avec la Rélation des choses les plus remarquables 


qu'ils ont observées dans l'île Maurice, à Batavia, 


au cap de Bonne-Espérance, dans l'île Ste Hélène &
 dans d'autres endroits de leur Route.



Le tout enrichi de Cartes & de figures.
Tome Premier :
(une gravure, en bandeau, porte l'inscription
"libertas sine scientia licentia est")
A Londres
Chez David Mortier, Marchand libraire
MDCCVIII
Le 17 février 1716, à l'âge de 73 ans, François Leguat se marie à Londres avec Catherine Utchard.
Le 20 Octobre 1725, Tafforet, naufragé avec 5 hommes, reste 9 mois à l'île Rodrigues. Il explore l'île, écrit, dresse des cartes et dessine. Son rapport sera perdu jusqu'en 1874.
En juillet 1735, La Bourbonnais, gouverneur de l'île de France (l'île Maurice) établit un camp permanent de capture des tortues.
Le 5 septembre 1735, à l'âge de 97 ans, François Leguat meurt à Londres.
En 1746, Benelle meurt à Amsterdam.
En 1757, De Maudave visite Rodrigues et retrouve le site du campement
et les mémoriaux laissés par Leguat.
Le 28 mai 1761, Pingré, un célèbre astronome, vient à Rodrigues pour observer le transit de Vénus.
Il installe son observatoire dans ce qu'il appelle "l'Enfoncement de François Leguat"
En 1770, Buffon dans son Histoire Naturelle des Oiseaux décrit le solitaire, principalement
à partir du rapport de Leguat. A ce moment-là, l'oiseau a déjà disparu.
En 1781, le même Buffon, fait des erreurs à propos du Géant (de Rodrigues) dans son Histoire Naturelle des Oiseaux.
En août 1786, la première exploration des grottes calcaires de Rodrigues
permet d'y retrouver des os d'animaux.
En septembre 1792, les premiers colons libres arrivent à Rodrigues.
En 1795, Maragon est nommé représentant de la France à Rodrigues. Il réussit encore
à y trouver 2 tortues de terre cylindraspis endémiques.


En 1802, ces tortues ont totalement disparues de l'île Rodrigues.

mercredi 22 mai 2013


Quelques repères historiques et géographiques

première édition le lundi 8 décembre 2008. 
Trois îles du sud-ouest de l'’océan indien constituent l’'archipel des Mascareignes. L'île Maurice ainsi que l'île de la Réunion sont découvertes après 1500. L'île Rodrigues ne l'est qu'en 1528, par les navigateurs occidentaux. La première occupation connue par des occidentaux de l'île Rodrigues date de1691. Ces trois îles sont toutes les trois d'origine volcanique mais, en tant qu'îles, elles n'ont jamais formée une terre unique. 
L'île Rodrigues se situe à 350 milles nautiques à l'est de Maurice. Elle s'étend de 63°20' à 63°30' de longitude et de19°40' à 19°46' de latitude. Elle a environ 18 Km de long sur 8 Km de large et sa superficie est de 108 Km2. Le mont le plus haut est le Mont Limon qui fait 393 mètres. 

Son pourtour mesure environ 80 kilomètres et son lagon a plus de 200 km2 (environ 2 fois la superficie de l'île). Certains points sont éloignés de 7 Km de la côte.

Constitution et études de l'océan indien

L'’océan Indien s'est créé, à partir de la fragmentation du supercontinent Gondwana. Puis, les nombreux blocs qui le constituaient vont s'éloigner les uns des autres, sous l'effet de l'activité de trois dorsales océaniques. Leurs vitesses d'expansion, dépendent de la quantité de lave émise à leur axe et elles sont très différentes. Cette lave va constituer le plancher de l'Océan Indien.

  • point triple de Rodrigues
Ces trois dorsales ont un point commun, le point triple de Rodrigues, situé à 70° E et 26° S. Elles constituent les limites de trois plaques : Plaque Nubie/Somalie (ou Afrique) à l'ouest, Plaque Inde-Australie à l'est, et Plaque Antarctique au sud.

Entre 2005 et 2007, trois instruments hydrophones ont été placés dans le bassin de Madagascar, entre la Réunion et Kerguelen, entre Kerguelen et Amsterdam et dans le sud du bassin Indien Central.
Ils suivent l’'activité sismique importante des trois dorsales indiennes autour du point triple de Rodrigues et surveillent sa propagation dans la partie sud du bassin Indien Central. Cette activité sismique, en effet, donne lieu à des déformations et à des compressions.
Enfin, cette cartographie précise de l'activité sismique de faible amplitude devait permettre de sélectionner des sites pour des observations in situ ou pour le déploiement de nouveaux sismomètres.
Il faut savoir que Rodrigues fut touché par le tsunami qui dévasta le 26 décembre 2004 les côtes de l'Indonésie, de la Thaïlande, de l'Inde et du Sri Lanka, faisant plus de 220 000 morts. Sans doute grâce à la présence de son lagon, les dégâts furent mineurs, comparés à ceux produits ailleurs. Mais aucune autorité officielle mondiale n'avait pensé à prévenir l'administration de cette île de ce qui devait lui arriver.

Dénominations de l'île (citation).

"La découverte de Rodrigues suscite beaucoup d'’interrogations. Les historiens divergent sur le nom du découvreur et la date. Certains affirment que Diego Fernandez de Pereira fut le premier homme à découvrir Rodrigues en 1507. D’autres pensent que c'est un autre Portugais Don Diego Rodriguez qui foula pour la première fois le sol de l'île. 
L'île a porté différents noms à travers les siècles. Dina a Robi figure sur le mappemonde de Cantino, qui date de 1502, preuve que les Arabes auraient connu Rodrigues avant les Européens. Elle s'appela également Dogo Roiz en 1540. En 1638, elle est baptisée île de Diego Roi, alors qu'elle porte les couleurs de la France. En 1691, quand François Leguat et ses compagnons débarquent sur l'île, elle s'appelle alors Diego Ruis. En 1925, un petit groupe d'hommes est détaché à Rodrigues pour une tentative de colonisation au nom du roi Louis XV, mais l'île fut bientôt évacuée. Au cours de cette période, les tortues de mer et de terre furent décimées. 

Le 5 août 1809, l'armée britannique, sous le commandement d'Henry Keating, arrive sur l'île et lui donne le nom de Rodrigues."
Citation tirée du "Rapport de Stage au Shoals of Capricorn (juillet 2000) par Lorraine Ruzié". Malheureusement la référence suivante n'est plus valide : -http://aucoeurdelaterre.ifrance.com/rodrigues.htm) et je n'en ai pas trouvé d'autres.